
"Rencontre Ravel" 73 x 92 cm (huile)
Le compositeur MAURICE RAVEL est né dans ma vie natale de Ciboure, dont le quai porte son nom. Il reste pour moi un génie de modernité, je lui ai consacré de nombreuses œuvres, dont le « Boléro pictural ».
Cette « Rencontre Ravel » est une conversation entre ces deux instruments d’une tonalité sur un fond de douceur légère. Féminité de l’instrument aux courbes divines. J’ai eu l’honneur de créer le décor « ombres chinoises » du livret de COLETTE « L’enfant et les sortilèges » mis en musique par MAURICE RAVEL. Ma rencontre avec le maître luthier ETIENNE VATELOT lors d’une de mes expositions à Paris a concrétisé l’attachement à cet instrument doté d’une âme. Cette œuvre a illustré le catalogue de l’Académie MAURICE RAVEL.

"L’âme" 80 x 80 cm (huile)
Cet instrument est un personnage, une âme dans un corps de femme. Je l’ai voulu imposant démontrant ainsi cette puissance sonore, cette délicatesse sensorielle. L’âme y trouve sa place sous ces cordes tendues, tel un personnage musicien sous la direction à la fois d’un récitant, d’un chef d´orchestre.
Cette oeuvre a illustré l’affiche et le catalogue de Musique en Côte Basque à Saint Jean de Luz.
"Récital" 24 x 33 cm (huile)
La musique est une source d’équilibre, on y parle de coloration, de touche, de gamme, d’intensité. Le piano, pianiste au visage, à la main dirigeante, silhouette de l’auteur. Ce bleu retraçant à la fois l’univers, Parsemé d’éclaircies inspiratrices. PICASSO, a eu sa période bleue, moi ma période de musicalité picturale avec de nombreuses œuvres.
"Le Boléro" (collage en papier)
La musique, l’art pictural ont des notions équivalentes, de rythme, de coloration, d’espace. Illustrer le Boléro a été un challenge, dans le sens de ne pas offenser l’oeuvre. Mille fois je me suis imprégné, conversé avec elle, en y percevant la moindre sensation épidermique. Me suis lancé dans des battements cardiologiques avec mon crayon, pour y structurer la moindre coloration. Mon Boléro pictural s’appuie donc sur sa sonorité, s’amplifiant à son écoute, balancement coloré, appuyé sur son final, par une grande touche blanche, représentant aussi la baguette du chef d’orchestre.
"Je connaissais le principe du collage qui n’est pas sans qualité parfois car il réunit des graphismes qui, à l’origine, n’ont pas été conçus pour un tel amalgame. D’où l’imprévu, l’insolite et, souvent, le charme de telles réalisations. La pratique du papier collé est millénaire, avec une motivation poétique indiscutable et merveilleuse. Le collage, plus récent, apporte un esprit et une technique différents, puisqu’il s’agit là de matériaux autres que le papier. Il a été et il est moyen d’expression pour le cubisme, le futurisme, le dadaïsme, le surréalisme, l’art abstrait, le nouveau réalisme, le pop’art.
Mais l’originalité – et le mérite – de MARC CLAERBOUT réside dans le fait qu’il a vraiment créé une nouvelle formule : en ce sens que le papier est employé exactement comme la couleur d’une palette et que son collage aboutit à de véritables tableaux, de style figuratif d’ailleurs.
C’est le « COLL’ART »,
d’une grande vigueur et, en même temps, d’une extrême délicatesse ;
exigeant une maîtrise, un métier sur, ne serait-ce que pour la chronologie des
collages. Dans ce genre, il n’est pas question, en effet, de
« reprendre » en surchargeant plus ou moins. Si, encore une fois, MARC CLAERBOUT est figuratif dans son expression, cette méthode le personnalise,
le différencie : ce qui n’est pas une mince gageure, ni une performance
négligeable en notre fin de XXe siècle : performance d’autant plus
remarquable que, partant d’un matériau sans grande noblesse, il parvient à
immatérialiser le tableau dans son ensemble, à lui donner de
« l’air ». A la fois très construit et très délimité, il s’en dégage
pourtant une poésie incontestable. Le poète que je suis est fort sensible à
cette production et je fais volontiers mienne
la devise du peintre :
« La simplicité c’est comme l’horizon : c’est rien et c’est tout. »
Article de Denis REJANE